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DEBUTER AU SIKU



SOMMAIRE
  • Quel sont le nombre et la grosseur des tubes idéaux pour commencer le siku ?
  • Mes tubes bougent sans cesse, que faire ?
  • Quelques conseils de technique pour débuter
  • Les difficultés les plus fréquentes au siku et leurs explications habituelles



    uels sont le nombre et la grosseur des tubes idéaux pour commencer le siku ?

    Les deux rangées des sikus les plus réduits comportent respectivement 7 tubes (ira) et 8 tubes (arka). Elles commencent par un ré grave et vont jusqu’au si aigu. Elles sont, dans leur taille moyenne (« maltas »), très bien pour commencer, notamment pour les enfants car leur nombre de tubes est limité. Cependant, à partir d’un certain niveau et pour certains morceaux, elles pourront devenir insuffisantes. Dans ce cas, il vous faudra une flûte plus étendue : les flûtes à environ 10 et 11 tubes, assez communes, sont idéales.
    Il faut savoir que les "maltas" dont les tubes ont un large diamètre demandent plus de souffle mais une technique un peu moins précise ; les moins larges exigent au contraire un souffle moindre mais une technique plus exigeante.On peut dire la même chose quant à l’épaisseur de la paroi des tubes : plus elle est large, plus le son est stable et simple à sortir (mais permettra peu de nuances). Une paroi moins large permettra une plus grande finesse de son, mais la justesse sera plus fluctuante (c'est-à-dire dépendante de la technique du musicien).
    N’ayez pas peur de votre choix : il est toujours possible, et plutôt facile, de passer de tubes larges et/ou épais à des tubes étroits et/ou fins, ou le contraire. Tous les musiciens peuvent apprendre sur toutes les « maltas », et les caractéristiques de l’instrument sont beaucoup moins importantes que pour la quena.



    es tubes bougent sans cesse, que faire ?

    Ils se lèvent et se baissent durant le transport, sont constamment désalignés ce qui rend leur jeu difficile… Il est normal que des tubes correctement liés bougent un minimum (voir astuce ci-dessous). Cependant, parfois, ce mouvement est extrême et certains tubes risquent de « sortir » de la flûte : une réparation s’impose alors.
    Le lien a parfois été mal tendu lors de la construction de la flûte, mais d’autres raisons peuvent aussi être en cause : le matériau du lien (certains cotons, par exemple, se détendent très rapidement) ; le séchage du bois (si les tubes sont encore un peu « verts » lors de la construction de la flûte, leur volume se réduit en séchant, et ils « flottent » alors dans leurs liens) ; le climat (par temps humide, froid, ou à plus haute altitude, les tubes ont tendance à se dilater. S’ils sont liés dans ces conditions, leurs fils pourront être trop lâches par temps sec et chaud ou à moindre altitude).
    Que faire dans ce cas ? La meilleure solution consiste à rajouter un lien plus serré par-dessus celui qui existe déjà. Choisissez pour cela, dans l’idéal, un fil en coton serré (coton tressé, ou tourné : vous pouvez le faire vous-même, sur le mode de la « cordelette »). Le nylon tressé peut aussi être utilisé, à condition d’être souple : plus puissant et moins flexible, il peut « étrangler » les tubes par temps humide. Quelqu’il soit, le fil doit être assez épais pour être solide et ne pas « blesser » la flûte. Suivez avec le nouveau fil ceux qui sont déjà en place, et nouez serré. Pour que le resserrage soit optimal, faites cette manipulation dans un moment adéquat (plutôt sec et chaud) et surtout, dans des conditions habituelles d’utilisation de votre flûte. Attention toutefois : ne serrez pas trop ! Ne forcez pas, sans quoi les tubes éclateront dès que le temps sera humide. Le lien doit toujours, malgré tout, garder une certaine souplesse.
    Si un des tubes "sort" réellement de votre flûte, conservez autant que possible son emplacement vide, et réintroduisez-le (quitte à tirer un peu sur les fils) - à signaler que c'est une manipulation beaucoup plus simple à deux. Si plusieurs tubes sont sortis, que les fils sont défaits, etc... il ne vous reste plus qu'à relier entièrement la flûte. Basez-vous pour cela sur le modèle d'une autre flûte. Ce n'est pas simple au début, mais avec de la patience et un peu d'expérience, c'est tout à fait possible
    . Astuce : même lorsque les tubes sont liés correctement, ils « montent » et « descendent » régulièrement (sans toutefois menacer de sortir de la flûte). Pour jouer dans de bonnes conditions, il est nécessaire de les réaligner. Pour cela, placez votre flûte « tête en bas » sur une surface plate, et alignez les tubes en appuyant dessus un par un, en veillant à ce que la barrette transversale reste bien horizontale.



    uelques conseils de technique pour débuter

    Astuce : travaillez toujours, les premiers temps, avec un miroir : c’est la meilleure solution pour apprendre vite.

    Technique de bouche :

    1. Tendez bien les lèvres vers les oreilles (comme un sourire mais avec les lèvres fermées), et avancez un peu le menton pour que vos lèvres inférieure et supérieure soient au "même niveau" lorsque vous vous regardez de profil dans la glace (lèvre inférieure en arrière = mauvaise position). Astuce : placez votre doigt devant vos lèvres comme pour dire « chut » : il doit être bien vertical, et vos deux lèvres alignées sur lui.

    2. Tout en gardant les lèvres tendues, serrez-les et ne laissez passer qu’un petit filet d’air, sur le bout de vos lèvres. Astuce : placez votre main à une dizaine de centimètres de votre bouche et entraînez-vous à envoyer dans votre paume un filet d’air précis, compact et bien centré. Faites-le descendre, puis remonter : vous êtes en train d’apprendre à canaliser et à diriger votre souffle, ce qui est indispensable à une bonne technique.


    Technique d’instrument :

    1. Tenez le siku en position verticale, avec les deux mains. Les tubes doivent être en quinconce ; la rangée "de derrière" (arka, celle qui a le plus grand nombre de tubes) doit dépasser (d'environ une épaisseur de doigt) de la rangée de devant (ira). Le plus couramment, on tient la flûte avec les grands tubes (les notes graves) du côté droit. Cependant, comme cette disposition est contraire à la représentation classique européenne (pensez au piano, par exemple), des musiciens relativement nombreux tiennent aujourd’hui leur siku dans l’autre sens. Cela n’a pas vraiment d’importance, sauf si vous lisez des partitions en tablature, ou si les deux rangées de votre flûtes sont déjà attachées dans un sens prédéfini (cependant, rien ne vous empêche de les séparer et de les inverser !).
    Astuce : pour commencer, il est possible d’écrire le nom des notes au crayon de bois sur le haut de chaque tube, face tournée vers le musicien bien entendu. Une fois la disposition des notes devenue intuitive, elles s’effacent en gommant. Il est bien sûr préférable de se passer de cette méthode. Elle est recommandée surtout pour les enfants, ou pour les personnes qui n'ont pas une bonne oreille au départ.

    2. Placez la flûte contre votre lèvre : le haut du tube que vous jouez doit être placé à peu près au milieu de la hauteur votre lèvre inférieure (s’il est trop haut ou trop bas, le son sera insatisfaisant). Adoptez la position de bouche et de souffle décrite ci-dessus, et soufflez en la maintenant et en gardant la tête droite.
    Astuce : pour obtenir un bon son, ne cherchez pas à envoyer l’air dans le tube. Au contraire, soufflez vers l’avant : imaginez la paume de votre main face à votre bouche (cf exercice ci-dessus) et dirigez votre air vers elle.

    3. Commencez par les tubes du milieu : ce sont les plus faciles à jouer. Allez ensuite peu à peu vers les aigus, puis redescendez vers les graves. Dans les aigus, donnez un souffle puissant, précis, très canalisé, formé sur le bout de vos lèvres. Dans les graves, donnez un souffle abondant mais doux, moins canalisé, et qui doit venir de vos poumons.
    Astuce : l'inclinaison de la flûte peut favoriser le timbre et la justesse du son. Dans les graves, remontez légèrement le bas des tubes vers l’avant ; dans les aigus, au contraire, tenez la flûte bien verticale. De même, si une note de votre flûte est un peu trop aigue, redressez le bas de la flûte vers l’avant comme pour jouer les graves ; si une note est un peu trop grave, en revanche, rapprochez le bas de votre flûte de votre corps. Vous pouvez ainsi corriger les petits défauts d’accord des flûtes, qui ne manquent pas de se manifester dans certaines conditions climatiques.

    4. Il existe deux manières de jouer le siku : deux personnes avec chacune une rangée (« rangées séparées »), ou une seule personne avec les deux rangées (« rangées jointes »). Cela dépend des types de morceaux que vous jouez (le sikuri est, notamment, difficile à jouer en rangées jointes) ainsi que de votre habitude de pratique : seul, à plusieurs, etc… Dans tous les cas, tentez de regarder peu vos tubes : « sentez » la flûte avec vos lèvres, cela vous permettra plus de rapidité dans les déplacements.



    es difficultés les plus fréquentes au siku et leurs explications habituelles

    Son brouillon, peu net : lèvres mal tendues, filet d’air mal canalisé
    Son qui grésille : tube fendu ou percé
    Son qui « siffle », qui sature : (surtout dans les graves) souffle trop canalisé et/ou trop violent, attaque trop dure, flûte pas assez inclinée
    Aigus difficiles : attaque/souffle trop faible, pas assez canalisé et précis
    Graves difficiles : attaque/souffle trop violent, pas assez de réserve de souffle, siku trop vertical
    Souffle court : souffle pas assez canalisé, pas assez entraîné
    Tube qui sonne trop aigu : détendre un peu les lèvres, souffler plus doucement, remonter un peu le bas des tubes vers l’avant
    Tube qui sonne trop grave : tendre plus les lèvres, souffler plus précis/canaliser, mettre la flûte bien verticale (si ce n'est pas suffisant, rapprocher un peu le bas des tubes de votre corps)