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DEBUTER EN FLÛTES DES ANDES



SOMMAIRE
  • Dois-je commencer les flûtes des Andes par la Quena ou par le Siku ?
  • Y a-t-il un rapport entre la flûte de pan de Zamfir et les flûtes de pan andines ?
  • Quel accord et quelle taille d’instrument dois-je choisir pour commencer ?
  • Où puis-je me procurer, actuellement en France, de bons instruments ?
  • Je n’arrive pas à bien jouer, est-ce dû à ma morphologie ?
  • J’ai rapidement la tête qui tourne, mal aux joues… est-ce normal ?
  • Je veux jouer des morceaux avec de nombreuses altérations (dièses, bémols), quelles flûtes sont adaptées ?
  • Mon instrument est faux, que faire ?
  • Urgences : ma flûte est-elle réparable ?



    ois-je commencer les flûtes des Andes par la quena ou par le siku ?

    Si vous hésitez, il vaut peut-être mieux débuter par le siku, ou alors les deux en même temps (ce qu’on fait beaucoup de musiciens). En effet, la quena demande, au départ, de la persévérance, alors que le son du siku est plus immédiat et ses premières techniques s'assimilent souvent plus vite (même si les deux instruments demanderont du travail pour acquérir une bonne technique) Toutefois, rien ne vous empêche de devenir uniquement quéniste !



    a-t-il un rapport entre la flûte de pan de Zamfir et les flûtes de pan andines ?

    Le terme de « flûtes de pan » est utilisé en Europe pour désigner les flûtes composées de tubes alignés et produisant chacun une note spécifique, dont on trouve des variantes dans plusieurs régions du monde. Le terme fait référence au dieu Pan de la mythologie grecque : on dit que la nymphe Syrinx, poursuivie par le désir amoureux de Pan, se transforma en roseau pour lui échapper. Comme le vent de son souffle faisait gémir les roseaux, Pan s’en servit pour confectionner un instrument de musique en son hommage. Il lui donna le nom de « Syrinx », ou « flûte de Pan ». Ce sont ces deux noms qui, à présent, servent communément à désigner cette famille de flûtes.
    A part les « flûtes de pan » andines (dont les plus connues sont les Sikus), nous connaissons bien la « flûte de pan » roumaine (appelée Naï), dont Zamfir est sans doute le représentant le plus célèbre en France. Sur le Naï, les notes sont alignés sur une seule rangée légèrement arquée, alors que les sikus ont deux rangées droites et des notes disposées en quinconce. Si la technique de souffle est assez similaire, l’interprétation et le répertoire sont très différents. Elles n’appartiennent pas du tout à la même tradition. Ainsi, même si le son est ressemblant, les « flûtes de pan » roumaines n’ont culturellement rien à voir avec les « flûtes de pan » andines.



    uel accord et quelle taille d’instrument dois-je choisir pour commencer ?

    Il existe plusieurs accords de quenas et de sikus, ainsi que plusieurs tailles. Pour commencer, procurez-vous des instruments « de base » :
    Accord :
    Il vous faut des instruments « en sol » ou « en mi mineur » [sol majeur et mi mineur sont des gammes dites "relatives" : elles comportent les mêmes altérations (dièses/bémols) et désignent les mêmes instruments]. Pour les reconnaître : la quena doit produire comme note « à vide » (c'est-à-dire sans aucun trou bouché) la note « sol » ; le siku doit avoir tous les « fa » dièses (et seulement eux). La fréquence de référence de l’accord doit être impérativement de 440 Hz (plus communément désignée comme le "la 440"), sans quoi vous ne pourrez pas jouer avec les enregistrements ou avec d’autres instruments.
    Taille :
    Commencez par des instruments de taille moyenne : une quena « normale » (35 à 40 cm environ, la plus courante), et des sikus "moyens" appelés «maltas» (sikus longs d'une trentaine de centimètres, disposés en deux rangées qui comportent en général entre 7 et 10 tubes pour la plus courte [nommée Ira], et entre 8 et 11 tubes pour la plus longue [nommée Arka]). En effet, la technique de ces instruments « moyens », qui sont aussi les plus communs, est la plus simple d’accès. Une fois que vous la maîtriserez, vous pourrez apprendre les spécificités des flûtes à trois rangées (chromatiques), des grandes flûtes (« quenachos » chez les quenas, « sankhas » et « toyos » chez les sikus) et des petites (respectivement, « quenalis » et « chulis »), etc.



    ù puis-je me procurer, actuellement en France, de bons instruments ?

    Pour bien débuter, il faut commencer sur un bon instrument : si votre instrument est mal accordé ou de mauvaise facture, vous risquez de vous considérer piètre musicien et de vous décourager assez vite… Rien ne vaut un instrument qu’on choisit en l’essayant… malheureusement, ce n’est pas toujours possible, car il n’est pas facile d’acheter ces instruments en France. Quelques conseils pour vous en procurer un malgré tout :
    N'achetez pas d'instruments aux artisans que vous pourriez rencontrer dans la rue : ce sont souvent des instruments décoratifs, d'une qualité musicale très médiocre. Méfiez-vous également des instruments proposés sur les sites de vente entre particuliers qui proposent, à des prix très variables, des instruments de qualité également très variable et peu prévisible.
    Actuellement, la solution la plus simple depuis la France est d'acheter sur des sites spécialisés (notamment, sur Boliviamall, qui propose un catalogue en français d’instruments bien référencés et de qualité acceptable). Vous pouvez également contacter directement des musiciens proches de chez vous qui vendent parfois des instruments dont vous pourrez être sûrs, ou en acheter directement sur place, et en particulier en Bolivie (ce qui, il faut le dire, n’est pas toujours une garantie de qualité : demandez toujours qu’on essaie l’instrument devant vous).
    L'avantage est que les flûtes andines sont peu coûteuses pour les bourses européennes. Vous pouvez donc, sans trop de frais, vous procurer plusieurs instruments. Achetez-en un correct pour débuter : plus tard, lorsque vous aurez acquis les bases, vous aurez une meilleure idée de ce que vous cherchez et il sera toujours temps d'en acheter un qui vous corresponde mieux.



    e n’arrive pas à bien jouer, est-ce dû à ma morphologie ?

    C’est une idée fréquemment formulée par les débutants en difficulté... Rassurons-les (ou dérompons-les) : la forme des lèvres, du menton, le (mauvais) positionnement des dents ou la présence d’un appareil dentaire n’est jamais un obstacle pour jouer tous les types de flûtes andines : chacun adapte sa technique à sa morphologie. La longueur des doigts peut être problématique pour les petites mains sur les quenachos les plus longs, mais dans la plupart des cas, un peu de travail permet d’étirer l’écart des doigts et d’accéder à tous les trous. Une capacité de souffle limitée s’améliore également nettement avec de l’entraînement, quelque soit la taille et la corpulence du musicien.
    Une exception : il est en revanche nécessaire de posséder ses « dents de devant » pour jouer les quenas et les sikus, sans quoi la position de bouche est très difficile à former. Il est donc conseillé aux enfants d’attendre la repousse de ces dents avant de commencer les flûtes andines.



    ’ai rapidement la tête qui tourne, mal aux joues... : est-ce normal ?

    C’est tout à fait normal : ce sont en quelque sorte les symptômes du débutant. Ils sont même plutôt bon signe, à condition qu'ils soient ponctuels et qu'ils disparaissent avec l'entraînement. La tête qui tourne est due à la quantité de souffle inhabituelle que vous devez fournir (ceux qui ont déjà l’habitude : sportifs, choristes, etc, ressentiront souvent moins ce symptôme). Le mal de joue est dû à la position de bouche : vous faites travailler vos muscles d’une manière qu’ils ne connaissent pas, ce sont donc simplement de petites courbatures. Ces symptômes vont diminuer puis se faire rares au fil de votre progression.
    Certains ont également mal au dos ou aux épaules, et parfois (surtout en apprenant la quena), mal aux « dents du fond » ou au menton (qui peut porter la trace de l’instrument en fin de répétition) : ce sont, en revanche, des signes de crispation qu’il faut essayer de faire disparaître : détendez-vous en jouant, attachez votre instrument autour de votre cou pour éviter d’avoir peur de le lâcher, laissez retomber vos épaules et laissez-vous porter par l’aspect musical de votre morceau.



    e veux jouer des morceaux avec de nombreuses altérations (dièses, bémols), quelles flûtes sont adaptées ?

    Il vous faut pour cela des flûtes dites « chromatiques », c’est-à-dire qui permettent de jouer toutes les notes de la gamme, qu’elles soient ou non altérées. La quena est chromatique par définition, car on peut lui faire produire toutes les altérations à l’aide de doigtés « en fourche » ou de demi-trous. Les sikus, en revanche, ne sont à la base pas chromatiques : ils sont faits pour jouer dans une seule tonalité (gammes de sol majeur et mi mineur le plus souvent). Deux solutions s’offrent alors au musicien : accumuler les flûtes non chromatiques accordées dans diverses tonalités (ce qui est encombrant, mais bien pratique et plutôt courant), ou se procurer un siku chromatique et en apprendre la technique.
    Il existe deux types de sikus chromatiques, tous deux d’invention récente (ils n’existent pas parmi les instruments andins « traditionnels ») : les sikus chromatiques en deux, ou en trois rangées. Ces flûtes possèdent les mêmes tubes/notes, mais disposées différemment. A trois rangées : il s’agit simplement d’une flûte « normale » à laquelle on a ajouté sur une troisième rangée les dièses/bémols manquants. Elle paraît plus difficile techniquement, mais c’est une erreur : elle se base sur une disposition de base déjà connue, et est donc beaucoup plus intuitive pour qui joue déjà du siku.
    La flûte à deux rangées, elle, demande un apprentissage à part : toutes les notes sont "mélangées". Lorsque vous souhaiterez jouer des morceaux sans altérations, cela pourra vous rendre les choses compliquées (grands écarts sur la flûte, beaucoup de tubes inutiles qui "parasitent" les déplacements...). Cette flûte n’est conseillée que si vous jouez le plus souvent seul, et des morceaux nécessitant très souvent des altérations.
    Astuce (même s'il serait mieux de travailler la technique chromatique plutôt que d’utiliser les nouvelles technologies…)
    Si vous jouez sur le morceau original lu par votre ordinateur, au lieu de vous encombrer de nombreuses altérations, utilisez ce petit logiciel libre initialement prévu pour le karaoké : Karafun. Il permet (entre autres) de modifier la tonalité d’un morceau – et donc, de le ramener en sol majeur ou en mi mineur afin de le jouer sur un siku basique (non chromatique). Bien pratique pour se faire plaisir !




    on instrument est faux, que faire ?

    Tout d’abord, vérifiez que c’est bien votre instrument qui est faux et, non le climat qui le modifie ou votre technique qui est en cause. En effet, le bois réagit à l’altitude, la température et l’hydrométrie, qui modifient donc le son des instruments. Par exemple, plus il fait sec et chaud, plus les flûtes auront tendance à être aigues (à l’inverse, plus graves par temps humide et froid). C’est tout à fait normal, et le musicien doit savoir s’y adapter pour jouer juste en toute circonstance. Car la technique de bouche/de souffle influence grandement la justesse des flûtes andines : ainsi, de mauvaises habitudes peuvent tout à fait faire « jouer faux » un instrument au départ bien accordé. Faites donc vérifier votre instrument par d’autres musiciens avant de le déclarer défectueux.
    Certains instruments, il faut le dire, sont faux dès le départ… malheureusement. Il vaut mieux ne pas les acheter. D’autres peuvent être justes au départ et fausser avec le temps. C’est notamment le cas d’une flûte qui n’a pas servi pendant longtemps, qui a subi un changement climatique brutal, ou dont le bois n’était pas complètement sec lorsqu’elle a été construite. Au final, il y a deux cas de figures : soit les notes de la flûte (quena ou siku) sont justes entre elles, mais fausses par rapport à l’accordeur/aux enregistrements ; soit seules quelques notes sont fausses sur une flûte globalement juste. Quelles sont alors les solutions ?
    Si la flûte ou quelques notes sont trop graves, il est possible de les faire réaccorder (vous devrez contacter pour cela quelqu'un qui en a l'expérience). C’est une opération délicate, et laborieuse s’il s’agit de la flûte en entier ; sur la quena, cela sera souvent au prix de quelques « cicatrices », autour des trous notamment. En revanche, si la flûte ou quelques notes sont trop aigues, on ne peut souvent rien y faire matériellement (sauf s’il s’agit de quelques notes sur un siku : on peut alors changer les tubes). Il reste alors au musicien ayant une bonne oreille musicale de composer avec les aléas de sa flûte, notamment en modulant son souffle et son attaque pour faire monter ou baisser les notes, afin de jouer juste (on peut aussi changer de flûte…).



    rgences : ma flûte est-elle réparable ?

    Les ennemis des flûtes : chutes et écrasements, altitude, température et humidité
    Les chutes, chocs et écrasement, les changements d’altitude, de température et d’hydrométrie sont les principales causes des « accidents » de flûtes. Il est donc conseillé de les conserver à température ambiante et de leur éviter les variations. Achetez ou construisez pour transporter vos flûtes une caisse rigide, aux dimensions adéquates, et si possible rembourrée. Ne laissez jamais vos instruments près du radiateur, ni dans la voiture (hiver comme été). Dans l’avion, le transport en soute est relativement sûr, mais jamais certain : dans la mesure du possible, emportez-les en cabine.
    La quena : peu de problèmes, mais souvent irréparables
    Les principaux problèmes sur la quena surviennent quand on la fait tomber : fêlure dans le sens de la longueur (qui peut aussi être dûe à l'exposition à une source de chaleur), et/ou brisure de l’encoche. Si la première peut se résorber tant bien que mal à l’aide de ligatures serrées, la seconde est en revanche presque irréparable. Dans les deux cas, le son de l’instrument risque d’être inexorablement modifié : mieux vaut bien protéger sa quena…
    Le siku : des fractures plutôt récurrentes, mais des solutions !
    Sur le siku, on a souvent des effets d’écrasement (quand on s’assoit/on marche dessus, quand on referme brutalement la boîte sur un tube qui dépasse...) : selon les cas, l’embouchure du tube présente souvent 4 fractures symétriques (écrasement léger), des fractures multiples (écrasement lourd), ou encore le corps du tube présente plusieurs fêlures.
    Les fêlures des tubes sont également dues à des écarts brutaux d’altitude, de température et/ou d’hydrométrie : elles peuvent se trouver aussi bien à l’embouchure que sur le corps (et plus rarement le fond) du tube, et ne sont pas forcément « ouvertes ».
    Fractures et fêlures sont la cause du grésillement des tubes : il faut donc les colmater. Pour cela, la technique favorite des chuymampiennes est la Super-glu liquide (pas en gel, ça ne marche pas bien, et surtout pas les produits « spécial bois »), avec précaution et patience bien entendu ! Veillez à recoller les parois bien en continuité pour que le tube garde sa forme. Ces réparations, si elles sont peu nombreuses et si elles sont bien faites, sont très discrètes et ne modifient pas la sonorité du tube. Dans les cas extrêmes d’écrasement multiple irréparable, on peut aussi entourer le tube entièrement de ruban adhésif, en l’y enroulant en spirale. Nettement moins esthétique, ce traitement « durcit » aussi le son du tube car il l’empêche de vibrer : à utiliser en dernier recours !